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World’s 50 best Restaurants

« World’s 50 best Restaurants » 2016 : les chefs français sont à l’honneurCharlotte Herrero | Le 14 juin 2016

La 15e édition du « Word’s 50 best Restaurants », événement dans le monde de la gastronomie, a remis lundi 13 juin à New York ses prix désormais très convoités.

Pierre Hermé, Alain Passard et Dominique Crenn récompensés

Lundi soir au « Cipriani Wall Street » à New York, trois chefs français sont sur le point d’être récompensés pour leur carrière. Ils s’avancent, sourire au coin, vers le reste des lauréats afin de prendre la pose pour la traditionnelle photo de famille.

Le premier à se lever est Pierre Hermé. Il vient de recevoir le prix du « Meilleur pâtissier du monde ». Celui que Vogue US qualifie du nouveau « Picasso of Pastry », en raison de son besoin permanent de challenger les codes de la pâtisserie, est un personnage à lui tout seul. Sa bio, c’est d’abord l’histoire d’un héritier de quatre générations de boulangers pâtissiers alsaciens qui a commencé sa carrière à 14 ans, auprès de Gaston Lenôtre avant de travailler chez Fauchon. Mais c’est aussi et surtout l’histoire d’un homme qui, pour se démarquer, a décidé de proposer des expériences gustatives inédites à travers ses nombreuses recettes et ses associations de saveurs, dont celle du macaron auquel il a redonné ses lettres de noblesses (on vous conseille de tester le macaron à l’huile d’olive, une merveille).


À ses côtés, Alain Passard reçoit le prix du « The Dinner Club Lifetime Achievement 2016 », une récompense decernée pour l’ensemble de sa carrière. Le célèbre chef cuisinier, adepte de la haute cuisine avant-gardiste, est un habitué du classement, avec ses trois étoiles Michelin régulièrement mises à l’honneur. À travers cette récompense, c’est une cuisine saine, légère, et végétale que l’on célèbre, en harmonie avec une époque qui prend de plus en plus soin d’elle. Alain Passard a passé son enfance en Bretagne où il décide de devenir chef à l’âge de quinze ans. Il gagne ses galons dans des restaurants de renommée avant de racheter un restaurant qu’il baptisera l’Arpège et qui le fera connaître.


Enfin, la palme de la rédaction va à la chef Dominique Crenn, élue « Meilleure chef cuisinière du monde », adoubant par là même la cuisine française et les femmes qui la font vivre. Après Hélène Darroze en 2015 et Anne-Sophie Pic en 2011, c’est au tour d’une alliance de saveurs poétiques de rafler la mise. C’est à San Francisco que la cuisinière bretonne a choisi de s’installer et de faire vivre son art et sa passion. D’abord commis de cuisine, Dominique Crenn gagne sa première étoile Michelin très rapidement. Sa success story ne s’arrête pas là, puisque la jeune chef vient d’ouvrir son premier restaurant l’année dernière, « Le Petit Crenn ».

Un classement plutôt controversé
Lors de cette édition 2016 du « World’s 50 best restaurants », en plus des 3 personnalités récompensées évoquées précédemment, 3 établissements français figurent parmi les élus de la liste des 50 (Mirazur, Septime, et l’Arpège d’Alain Passard). Cette consécration témoigne bien du respect de l’écosystème culinaire mondial à l’égard de notre gastronomie et de la prise en compte de l’absence pure et simple de chefs ces dernières années.

Top 5 du classement 2016 du « World’s 50 best restaurants »

1. – Osteria Francescana, Modène (Italie).
2. – El Celler de Can Roca, Gérone (Espagne).

3. – Eleven Madison Park, New York (USA).
4. – Central, Lima (Pérou).
5. – Noma, Copenhague (Danemark).

4. – Central, Lima (Pérou).

5. – Noma, Copenhague (Danemark).

Mais on ne peut s’empêcher de constater que nos chefs made in France demeurent encore et toujours à la traîne dans le classement de cette nouvelle « Bible de la cuisine ». Tous les ans, un panel de chefs, journalistes, et de gastronomes, répartis sur 27 régions à travers le monde, est appelé à voter pour ses tables favorites. Les jurés plébiscitent toujours les initiatives audacieuses de chefs à la créativité décomplexée, à l’aise avec le XXIe siècle, mais beaucoup moins souvent le talent hérité et reconnu d’une maison familiale. De quoi rendre notre gastronomie plutôt imperméable à ce genre de classement, qui privilégie l’immédiateté d’une photo Instagram à la durée d’un restaurant étoilé.

Ainsi, malgré nos trois chefs récompensés, le fossé se creuse pour la France d’année en année, avec seulement trois restaurants faisant partie du classement final. Une question reste en suspens : arriverons-nous, en dépit des enjeux financiers et des nombreuses marques sponsors de l’événement à composer avec cette nouvelle façon d’évaluer la cuisine ? Autrement dit, est-ce que ce classement, qui s’impose de plus en plus sur la scène gastronomique mondiale, ne pourrait-il pas être complémentaire avec celui du guide Michelin ?

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